Ce guide s’adresse à un dirigeant ou un responsable métier qui n’a jamais rien configuré et qui veut obtenir un premier résultat utile cette semaine. Vous y trouverez, sujet par sujet, les prérequis exacts, les étapes écran par écran et les pièges à éviter. Aucune compétence technique n’est supposée : si vous savez installer une application et écrire un courriel, vous savez suivre ce guide.
Ce guide accompagne la newsletter IA & Odoo d'Idealis Consulting — édition du 30 juillet 2026. Chaque section reprend un sujet de l'édition avec les étapes concrètes pour le mettre en œuvre.
1. Votre premier vrai pas : choisir la bonne IA, puis lui confier un vrai travail
Prérequis
- Un abonnement payant à ChatGPT ou à Claude (environ 20 € par mois) : les versions gratuites ne donnent pas accès aux modes de travail autonomes
- L’application de bureau installée sur votre ordinateur (Windows ou Mac) ; le navigateur seul ne suffit pas pour les fonctions avancées
- Une tâche chronophage clairement identifiée et le nombre d’heures qu’elle vous coûte chaque semaine (par exemple : 4 heures pour préparer un comité de direction)
- L’accord de votre responsable informatique ou de votre délégué à la protection des données sur l’outil retenu, avant toute connexion à vos courriels
- Un dossier de documents non confidentiels prêt à être partagé (modèles d’offres, notes de réunion, exports de rapports)
Étapes
- Téléchargez et installez l’application de bureau de ChatGPT ou de Claude, puis connectez-vous avec votre compte professionnel.
- Activez le mode de travail autonome : dans ChatGPT, basculez l’interrupteur « Work » en haut de l’écran ; dans Claude, passez de « Chat » à « Cowork ».
- Choisissez le modèle et le niveau de réflexion dans le sélecteur : prenez le modèle le plus avancé disponible dans votre formule et réglez l’effort sur « High » (élevé) pour un premier essai à enjeu réel.
- Ouvrez les réglages de connecteurs et n’activez que deux accès pour commencer : votre boîte de courriels professionnelle et un seul dossier de fichiers non confidentiels (Google Drive ou dossier local).
- Vérifiez les permissions : laissez toutes les autorisations sur « demander avant d’agir » pour tout ce qui envoie un message, achète, modifie ou supprime un fichier. Ne changez rien à ce réglage lors des premières semaines.
- Rédigez votre demande en trois blocs, dans une seule fenêtre : (1) qui vous êtes et ce que fait votre entreprise en deux phrases, (2) la tâche précise, (3) à quoi ressemble un bon résultat.
- Exemple de tâche à copier et adapter : « Parcours mes échanges de courriels avec le client X des trois derniers mois, produis une note d’une page pour préparer notre réunion de lundi : historique, points ouverts, objections déjà exprimées, questions à poser. Puis prépare un brouillon d’offre en reprenant le ton de mes deux propositions précédentes, que je te fournis dans le dossier partagé. Ne m’envoie rien : laisse tout en brouillon. »
- Lancez la demande et laissez travailler : l’outil affiche son plan puis ses étapes. Vous pouvez fermer l’application et revenir dans dix ou quinze minutes, la tâche continue côté serveur.
- Relisez le résultat ligne par ligne, corrigez ce qui ne va pas, et notez le temps que la préparation vous a réellement pris cette fois-ci par rapport à d’habitude.
- Consignez ce chiffre dans un simple tableau « tâche / temps avant / temps après », et rejouez la même demande la semaine suivante en l’améliorant.
Conseils & pièges à éviter
- Nommez le chiffre que vous voulez déplacer avant de commencer (heures gagnées, erreurs évitées, délai de réponse). Une IA distribuée à tout le monde sans processus ne produit aucun effet visible au bilan : c’est l’approche gadget, et elle génère surtout du Shadow AI, des usages non encadrés.
- N’autorisez jamais l’envoi automatique de courriels au démarrage. Dans le test rapporté par Ethan Mollick, l’un des deux outils a réellement envoyé un message à un collègue parce que la permission avait été accordée une fois pour toutes.
- Ne collez jamais de données clients sensibles dans un outil qui n’a pas été validé par votre entreprise : commencez par des documents internes non critiques.
2. Montrez, ne rédigez pas : l’IA apprend en vous regardant travailler
Prérequis
- L’application de bureau Claude à jour, en mode « Cowork » (la version dans le navigateur ne propose pas l’enregistrement)
- Les autorisations système d’enregistrement de l’écran et du microphone accordées à l’application
- L’extension de navigateur installée et à jour si votre tâche se déroule dans un navigateur
- Dans Réglages, section « Capacités » : activer l’exécution de code et la création de fichiers
- Votre liste de contrôle déjà écrite dans un simple document texte (les points à vérifier, un par ligne)
- Des fichiers de travail de moins de 10 Mo : au-delà, la fonction ne peut pas les manipuler
Étapes
- Préparez votre écran avant tout enregistrement : fermez les onglets, messageries et documents contenant des informations confidentielles. Tout ce qui est visible sera capté comme contexte.
- Ouvrez votre liste de contrôle dans une fenêtre visible : il suffit de l’afficher, l’IA la lira, vous n’avez pas besoin de la lire à voix haute.
- Dans Cowork, cliquez sur le bouton « + » puis sur « Record a skill » (enregistrer une compétence). Si l’option n’apparaît pas, mettez l’application à jour.
- Accordez les autorisations d’écran et de micro demandées à la première utilisation, puis cliquez sur « Start recording ».
- Énoncez en une phrase l’objectif : « Je veux que tu ouvres le dossier de l’offre en cours et que tu vérifies chacun des points de la liste affichée, puis que tu me renvoies un rapport court : conforme / non conforme. »
- Réalisez la tâche une seule fois, normalement, en commentant vos décisions à voix haute, surtout les cas particuliers : « si une information obligatoire manque, je place le dossier dans le sous-dossier « à revoir » pour relecture humaine ».
- Cliquez sur « Done » pour arrêter l’enregistrement. Une durée de 40 à 60 secondes suffit largement pour un contrôle qualité simple.
- À la question posée par l’outil, choisissez « créer une nouvelle compétence », donnez-lui un nom court et explicite, par exemple « controle-offre ».
- Cliquez impérativement sur le bouton d’enregistrement de la compétence : sans cette confirmation, votre compétence est perdue.
- Ouvrez une nouvelle conversation et lancez la compétence en tapant « / » suivi de son nom. Laissez la validation manuelle activée pour les trois premières exécutions et comparez le résultat à votre propre contrôle.
- Quand le résultat est fiable trois fois de suite, programmez l’exécution récurrente (par exemple chaque vendredi matin) et demandez à l’IA de tenir un journal des dossiers déjà contrôlés pour éviter les doublons.
Conseils & pièges à éviter
- Une compétence, un processus : n’enregistrez pas deux tâches différentes dans le même enregistrement, l’IA s’y perd.
- Le contrôle qualité est le meilleur premier cas d’usage : le critère de réussite est objectif, donc l’erreur est immédiatement visible.
- Si vous ne savez pas quoi faire vérifier, demandez-le : « au vu de mon activité, quels contrôles récurrents pourrais-tu prendre en charge pour garantir notre niveau de qualité ? »
3. Pourquoi l’IA se trompe avec assurance — et comment garder la main
Prérequis
- Un accès à n’importe quel assistant conversationnel, même gratuit
- Une source de vérité exportable : un rapport issu de votre ERP, votre catalogue de prix à jour, vos conditions générales
- Une règle interne claire : aucun document destiné à un client ne part sans relecture humaine
Étapes
- Repérez dans votre demande les éléments à risque : chiffres, dates, montants, noms de personnes ou d’entreprises, références légales, faits récents.
- Ajoutez systématiquement cette phrase à la fin de votre consigne : « Si tu n’es pas certain d’un élément, dis-le explicitement et liste les informations qui te manquent, plutôt que de deviner. »
- Fournissez la donnée au lieu de la faire deviner : exportez le rapport depuis votre ERP en PDF ou en tableur et joignez-le à la conversation. Précisez : « n’utilise que les chiffres du document joint ».
- Demandez la traçabilité : « pour chaque affirmation, indique la page ou la ligne du document d’où elle provient ».
- Ouvrez une conversation neuve, collez la réponse obtenue et demandez : « relis ce texte et liste uniquement les erreurs factuelles, les chiffres douteux et les affirmations non sourcées. » Le regard neuf, sans historique, repère beaucoup mieux les erreurs.
- Vérifiez manuellement les trois catégories les plus risquées : montants, dates et noms propres.
- Formulez vos questions de façon neutre : écrivez « quels sont les arguments pour et contre cette décision ? » plutôt que « confirme-moi que cette décision est la bonne », pour éviter que le modèle ne vous donne simplement raison.
- Activez la recherche web lorsque le sujet est d’actualité : sans cet outil, le modèle ne connaît rien de ce qui s’est passé après sa date d’entraînement.
Conseils & pièges à éviter
- Retenez la règle du continuum : plus le sujet est fréquent, ancien et documenté, plus la réponse est fiable ; plus il est local, récent ou de niche, plus il faut vérifier.
- Un modèle qui change d’avis dès que vous le contredisez ne vous donne pas une information, il vous fait plaisir. Recoupez alors avec une source externe ou une personne de confiance.
- Gardez toujours l’humain dans la boucle sur les livrables clients : la valeur de l’IA est de produire le brouillon en dix minutes, pas de signer à votre place.
4. Claude Opus 5 : une IA qui vérifie son propre travail, à moitié prix
Prérequis
- Un abonnement Claude Pro ou Max, ou un accès à la plateforme via votre partenaire technique
- Un processus déjà cadré, avec des critères de réussite écrits (la liste de contrôle de la section précédente convient parfaitement)
- Un indicateur chiffré mesuré avant de commencer : heures consacrées, taux d’erreur, délai de réponse
Étapes
- Choisissez le modèle en fonction de l’enjeu : un modèle rapide et économique pour les tâches routinières et répétitives, le modèle le plus avancé réglé sur un effort élevé pour les analyses à conséquences (offre importante, analyse d’un contrat fournisseur, note stratégique).
- Écrivez un critère d’arrêt vérifiable dans votre consigne : « ne t’arrête pas avant que les dix points de la liste soient validés, et montre-moi la preuve pour chacun ».
- Demandez explicitement la vérification : « avant de me livrer, teste ton propre résultat et corrige ce qui ne passe pas ».
- Comparez deux modèles sur une même tâche réelle de votre entreprise, pas sur un exemple de démonstration : lancez la même consigne, puis notez trois choses — temps écoulé, qualité du résultat après relecture, coût affiché.
- Fixez un plafond de consommation lorsque l’outil le permet, afin qu’une tâche longue s’arrête proprement au lieu de dériver.
- Enregistrez une démonstration avant/après de deux minutes : « cette préparation prenait 4 heures, elle prend maintenant 25 minutes ». C’est ce document qui convaincra votre équipe et votre direction.
- Ouvrez la porte à la suite : en réunion d’équipe, posez la question « quelle tâche voulez-vous que nous examinions ensemble le mois prochain ? » et refaites tourner la même boucle.
Conseils & pièges à éviter
- Le modèle le plus puissant n’est pas toujours le bon choix : pour la majorité du travail de bureau, un modèle intermédiaire est largement suffisant et coûte bien moins cher.
- Ce qui détermine la qualité du résultat, ce n’est pas le modèle mais le contexte que vous fournissez et la précision de vos instructions.
- Choisissez un processus vraiment douloureux malgré votre ERP (offres, réponses clients, synthèses de réunions, analyse de documents fournisseurs, rapports ad hoc) et mesurez : un gain chiffré vaut mieux que dix expérimentations sans indicateur.
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